Lieux communs

Le projet Lieux communs a pris forme en feuilletant un atlas toponymique[1], quand certains noms de lieux ont frappé mon imagination. Des mots poétiques, évocateurs, qui représentent des notions abstraites, difficiles à visualiser. Comme si, entre les pages de l’atlas, des concepts archétypaux avaient trouvé leur position géographique exacte.

L’idée s’est d’abord développée en une série d’œuvres sur papier, créées à partir des pages numérisées de l’atlas. Dans Photoshop, j’ai minutieusement effacé tous les noms de lieux, sauf ceux qui avaient retenu mon attention : Bout-du-monde, Fortune, L’Avenir, Misère, Déception… J’ai obtenu cinq œuvres de grand format, imprimées au jet d’encre et marquées de plis pour évoquer les cartes routières.

Cette première série a mené à la création de différents « produits dérivés » référant à l’industrie touristique. Le livre d’artiste Lieux communs : Commonplaces, dont la reliure évoque un passeport, invite le lecteur à un voyage imaginaire dans ces lieux bien réels empreints de poésie. Naufrage, imprimée à grand tirage, imite la forme et le design convenu des cartes routières, laissant croire qu’elle servira à orienter quelqu’un en dépit de l’absurdité de la destination. Paradis, sous la forme d’une carte postale, rappelle qu’il faut toujours faire semblant que notre voyage se déroule à merveille.

Le projet, toujours en progression, a été présenté sous différentes formes à la maison de la culture Mercier, à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal, à la galerie Warren G. Flowers du Collège Dawson et aux centres d’artistes AdMare et Panache Art Actuel.

Photos : Guy L’Heureux


[1] Canada atlas toponymique, Guérin éditeur, conjointement avec Énergie, Mines et Ressources Canada et le Centre d’édition du gouvernement du Canada, Approvisionnements et Services Canada, 1980, 164 p.

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